Lundi 24 novembre 2008
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L'Amérique serait tombée, ça y est, dans une ère « post-raciale ». Parce que pour la première fois de l'histoire, c'est
un homme « Noir » qui la dirige. Et le monde entier de saluer avec force réjouissance ce moment historique qui range le racisme dans les cartons, bien scotchés, du passé. Mais moi il y a quand
même quelque chose qui me chagrine profondément. Qui me dérange, même. Car que je sache et que nous sachions tous, parce qu'on nous l'a assez répété, Obama est à moitié « blanc » et à moitié «
noir » (rien que ce type de formulation me hérisse). C'est du 50-50. Alors est-ce à dire que pour être considéré comme blanc, il faut l'être à 100%, mais que pour être vu comme noir,
il
suffit juste de l'être à 50% ?
C'est vrai qu'aux Etats-Unis, avoir la moindre goutte de sang noir fait de vous un noir. Mais en France ? Adopter la même posture veut bien dire que quoi qu'en dise, la couleur de peau reste le
facteur dominant qui détermine le classement des êtres dans une catégorie ou une autre. Dans cette histoire, il n'y a que ça qui soit...clair.
Par Coffee Hanane
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Publié dans : Fort de café !
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Dimanche 23 novembre 2008
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Tous les matins le même espoir inébranlable, et tous les soirs la même désillusion inacceptable. C'est à se
demander d'où ces gamins tirent cette énergie qui leur donne la force de résister à des conditions difficiles, voire insupportables. Je parle des « brûleurs de frontière » qui campent à Tanger
dans l'attente d'un bateau qui les emportera « loin de la misère » comme dit la chanson.
Je viens à l'instant de voir un reportage qui leur était consacré : ce n'est certes pas le premier et probablement pas le
dernier que je vois sur eux, mais je suis étonnée de voir qu'en dépit des drames, des morts, des risques, des intimidations policières, ces jeunes, encore des enfants pour la plupart, sont
toujours plus nombreux à vouloir partir. Ils sont encore sur leur terre, mais dans leurs têtes ils sont déjà partis : parce qu'il leur est inconcevable de revenir chez eux, leur déracinement a
déjà commencé. A la honte risquée ils préfèrent encore la misère, et à l'insécurité familiale qu'ils ont bien souvent cherché à fuir, ils préfèrent encore les périls partagés avec leurs
compagnons de fortune. Ils sont dans un entre-deux terrifiant d'incertitude, entre le rien qu'ils ont laissé et le peut-être qu'ils persistent à rêver.
Il y a bien à Tanger, pour s'occuper d'eux, l'association « Darna », présidée par Mounira el Alami : là ils sont
recueillis, scolarisés, ils apprennent un métier. On remplace la promesse utopique d'une vie meilleure par l'exigence d'une réussite plus palpable, plus immédiate, plus réelle. Mais pour ces 160
enfants que peut accueillir, et peut-être sauver, l'association, combien perdent des années à attendre une chance qui ne se laisse pas facilement attraper ? Adolescents qui courent après le monde
sans vraiment le voir ni l'avoir, quand ces années-là sont celles où l'on s'affirme dans, contre, pour, avec, ce monde. Que faire alors? Il y aurait tant à dire. De l'école qui poursuit son
naufrage à la cellule familiale, du marché de l'emploi aux immigrés frimeurs qui jouent les faux modèles de réussite, la liste des responsables est longue. Mais une chose est sûre : un pays qui
ne sait pas donner confiance à sa sève est un pays qui n'a rien compris. Un pays qui a failli. Et pour le coup le Maroc s'est bien planté.
Par Coffee Hanane
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Publié dans : Café amer
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